Bivouac Cosaque.
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 VOYAGE AU KOZAKSTAN

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sanchov

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MessageSujet: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyMar 22 Nov - 1:28

Premier Carnet de voyage de Sanchov

Citation :
L'ARRIVEE A LA SICH

Après trois longs jours de voyage dans les steppes de Mir, le jeune Sanchov et ses bagages arrivent à dos de mule la nuit, en vue d'un improbable campement nomade lourdement armé. Malgré l'agitation il s'approche des lueurs avec prudence. De longues mélopées et des rires s'échappent aux alentours des foyers qui illuminent la plaine et les Yourtes. Sur sa droite, il entend des hennissements et aperçoit une horde de chevaux à la pâture, gardée par quelques nomades. Sanchov pousse sa mule en cette direction et se retrouve nez à nez avec un autochtone à l'air patibulaire.

Sanchov: "Bonne et douce nuit , homme des plaines , je me nomme Sanchov, envoyé spécial de la Gazette de Russie. Fraiche nuit, n'est-il pas ? Euh, vous me comprenez, vous parlez ma langue ? On dirait que vous l'avez avalée... Moi Sanchov et Toi ? Qui ?"

L'homme lui faisant face, lui rota tout d’abord au nez avant de sortir un poignard serti de pierres précieuses:
"Mmm... tu me prends pour un idiot, petit homme !"

Il se rapproche de lui pour le renifler, lui permettant ainsi de pouvoir profiter de l'odeur du cosaque, tout en jouant avec son poignard:
"Tu pues la donzelle encore pucelle !!! Peut être devrais-je t'entailler ton minois pour que tu puisses ressembler à un semblant d'homme !!! "

Un autre cosaque arriva, se positionna à coté d'eux, extirpa sa virilité et urina tout en parlant:
Popoff: "Qui est ce bougre Nakun ?"
Habra: "Il dit se nommer Sanchov et travailler pour la Gazette..."
Popoff: "Ah! le voici donc celui dont nous parlait Vitali! Nous t'attendions !"
Habra: "Je suis surpris ! Nous attendions cette loque? ... "
Popoff: "Excuse mon ami, il viens tout juste de revenir parmi nous et n'est pas encore au courant de tout. Suis nous ! Je vais te mener à la RADA !"

Sanchov n'en mène pas large mais est rassuré que ces hommes d'un autre monde comprennent sa langue. La vision du coutelas acéré l'a légèrement refroidi. Il descend de sa mule au doux nom de Renzotte qui broute allégrement l'herbage toute heureuse de cette halte. Les jambes fébriles, Sanchov empoigne les rennes de l'animal pour suivre les deux énergumènes. Mais la longe s'étire et l'animal se cabre en reculant, refusant d'avancer. Forçant Sanchov le maigrelet, à lutter contre la détermination du bourricot. Mais le ridicule ne tuant point, elle ne bougea pas d'un pouce:
"Messieurs, je vous prie de m'excuser, mais ma monture refuse de bouger. Et mes bagages y sont attelés. Pourriez-vous m'aider à la déplacer vers votre "RADA" ? Ces bagages sont importants pour moi. Outre mes atours de rechange, j'y ai aussi mes aquarelles et mon écritoire de campagne indispensable à ma visite dans votre campement. "

Popoff secoue son phénomène, le range et, malgrés ses suppliques, Sanchov est trainé manu militari par le revers du col par le géant vers vers le kroug où siégeait la Rada.Laissant derrière lui âne et bagages dans la nuit noire.
Le sol boueux qu'empruntent les trois hommes mène devant une kourène aux murs de torchis. Les jambes trainantes, il est relâché dans la boue au pied d'un étrange personnage imposant paré de mille breloques, à la langue féroce et acerbe. C'est un cosaque, grand et bedonnant, vêtu d'un simple charovary bleu délavé. Il exhibe sans complexe son ventre nu et gras, ruisselant de transpiration. Le cosaque porte sous son bras un vieux zipoune, qui eut appartenu au plus grossier des paysans. L'homme se dirige vers un tonneau, et de son poing couvert de sang, en brise la fine couche de glace qui s'est formée. Puis il s'asperge le visage et le torse, se débarbouille un peu, avant d'enfiler son zipoune.
Perplexe, il se fige à l'arrivée du petit homme posé à ses pieds:
Vitali: "Que nous amènes-tu là, "Nakun"! On laisse rentrer n'importe quoi maintenant dans notre Sich!"
Habra: "C'est le scribouillard dont tu nous a parlé l'autre jour à la Rada ! Il nous est envoyé par ce torche-cul appelé la "Gazette ! "
Vitali: "Ha oui... j'avais oublié! Il ne manquait plus qu'un gratte-papier dans nos pattes en ce moment, tiens! Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour attirer les faveurs de cet enmanché de Tsar ! "

La Sich, le campement fortifié du "Kazak Voïsko" et du "Voïsko d'Araktcheïev", grouille de cosaques en effervescence. De nombreuses sotnias sont en route vers le nord. Certaines troupes, des éclaireurs, sont déjà revenues suite à de violentes échauffourées qui ont fait les premières victimes cosaques de cette campagne de la Bérézina. Vitali jauge encore le moscovite. Il s'essuie les mains sur la veste de Nakun, et l'envoie quérir les Chefs de Guerre qui étaient disponibles pour leur demander de se présenter à l'auberge "Chez Natalya":
"A condition que tu ne fasses pas encore des tiennes, Habra! Quand tu t'y mets, on ne s'entend même plus hurler!"
"T'en fait pas... Ch'ais m'tenir quand on a du beau monde" grimace Habramovitch dédaigneux, en regardant l'étranger avec un rictus au coin des lèvres: "Mais au fait, Vitali, que faisais-tu dans cette kourène ? C'était celle de Cagilov, non?"

Vitali: "Oué...! Popoff a mis en déroute une compagnie de fusillers franskis qui avaient déjà été secoués par Kingtiti, prêt de Lynsk! Il n'a seulement ramené que trois prisonniers! Je te laisse deviner ce qu'il a fait des autres! Ce furoncle purulent ne peut s'empêcher de soigner les officiers "à sa façon"! Du coup, il ne reste plus que des soldats à interroger! Ils ne savent rien! C'est sûr, j'ai cogné bien assez fort, et Popoff avant moi!"

"Bon toi, le scribouillard! File-nous le train!" hurle Habramovitch à l'attention de Sanchov. "Et ne nous lâche pas sinon... on ne sait jamais sur qui tu peux tomber. La Sich n'est jamais très sûre pour un moscovite... héhéhé..." Habra se tourne vers quelques Cosaques affalés près d'un feu :"Bande de moules ! Oui, vous là ! Amenez les "outils" du gringalet à la Taverne !"
Les cosaques s'empressent de se diriger vers la Mule. Sanchov voyait déjà celle-ci dépeçée... ses affaires pillées... bref il s'imagine nu comme un vers. Habra renifle puis rajoute: "Eh! les culs terreux ! Vous nous apportez tout ce bordel en un seul morceau! Et pas touche à la mule ! REMUEZ VOUS LE CUL AVANT QUE JE VOUS FOUTE MON PIED DEDANS !!"

Devant les hurlements et l'agitation du campement, Sanchov suit sagement les trois cosaques sans mot dire vers l'inconnu, vers la mystérieuse Natalya, la peur au ventre. Mais quels outils de torture peuvent bien être une Rada, une Sich, un torche cul , une kourène ? Autant de questions qui se posent dans sa petite tête habituée à un vocabulaire plus châtié.


Dernière édition par sanchov le Sam 3 Déc - 3:46, édité 1 fois
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Dimitri Andrev



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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyJeu 24 Nov - 0:36

Dimitri , que Habra avait interpellé pour s'occuper de la mule et des "outils" du moscovite , était mécontent de son traitement

En s'adressant aux 2 autres pauvres bougres à voix basse..


" Vraiment , il est plus pareil depuis qu'il a perdu sa couille.."

Ramenant la mule et les "outils" (Dimitri se demandait ce que c'était , et était curieux..presque au point de vouloir désobeir à Habra) à la Rada , Dimitri s'assit dans un coin , attendant la suite , esperant comme tout Cosaque qu'il y ait de la vodka , des femmes et du sang !
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Pokotylo

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyVen 2 Déc - 12:04

S'approchant des commiques troupiers qui accompagnaient le "courageux" Sanchov, le djiguiste Biroulia Madskyi les appostropha en ces termes.
"Dites, jolis camarades slaves en dentelles, je trouves que votre officiers ne parle pas beaucoup. Aurait-il mangé sa langue?"

Un filet de sueur rance coula dans le dos des soldats russes.
Se retournant vers l'officier Sanchov, l'un de ses soldats lui dit:

"Qu'est ce qu'on leur dit, mon lieutenant?"


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sanchov

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptySam 3 Déc - 3:53

Sanchov , intrigué mais aussi appeuré par la situation, se laissait guider vers la taverne indigène de la monstrueuse Natalya par le hurlant Habramovitch et l'énorme Vitali sous les invectives de plusieurs autres railleurs qui trainaient sur leurs passages.
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vitali viatchesla
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vitali viatchesla

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyMer 7 Déc - 22:33

HRP/

Sanchov cient d'envoyer son premiere papier à la gazette. Celui-ci est sur le bureau du rédac'chef pour correction. Le texte dans son premier jet est consultable sur le 1er post (édité par Sanchov).

Pour la suite, à nous de l'aider. Voici comment il conçoit la suite du programme pour les prochains N°:

Citation :
C'est inséré !

Pour la suite, la 42, on a le temps. Je propose de rentrer chez Natalya ? Ou je chercherai une chambre. L'idée est de décrire mets et boissons , ainsi que les moeurs ? Y a t'il des femmes dans la taverne et des chambres que sais -je etc.... bref la vie au quotidien dans le campement: boire, manger, dormir, copuler,les enfants, les cheveaux, la chasse , les recettes....

Pour la 43, Sanchov demanderait d'accompagner une de vos expéditions punitives.... Méthode militaire, supplices, tortures , etc....

Et ainsi de suite pour mieux découvrir les moeurs cosaques.

Pour rappel, et pour ceux que ça intéresserait, nous avons une série de liens à propos des cosaques, dans la partie HRP du bivouac...
Une nouvelle fois, j'ai du taf IRL... Sanchov nous relancera probablement...

=> Hey Sanchov! Il faut battre le fer tant qu'il est encore chaud...Wink

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Berner von Pommern

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyJeu 8 Déc - 0:54

Sortant de la rada, Friedrich Berner von Pommern tomba nez à nez avec la mule menée par Andrev.

Qu'est ce que c'est que ce bordel? Depuis quand tu promènes les mules Dimitri? Tu n'as pas une donzelle à trousser?

Non Colonel, ordre de Habra... Je dois mener le scribouillard et sa mule à la rada répondit Andrev.

Ah oui, celui dont Vitali nous a parlé...

Il se tourne alors vers Sanchov l'air goguenard...

Bienvenu au Kazak Voisko. Je me présente Colonel Friedrich Berner von Pommern.

Mais... Vous êtes prussien? lance Sanchov surpris et presque heureux de voir un officier "civilisé"

Oui je suis prussien et alors? Cela vous étonne de voir un officier prussien combattre avec les cosaques? Au moins eux savent se battre, pas comme certains officiers russes de ma connaissance plus préoccupés de leurs entrées au palais du Tsar que de l'avenir de la Russie et de toute l'Europe... dit-il d'un ton cassant. Sur ce, il entreprit de retourner vers sa tente. Encore de la paperasse l'attendait et il devait écrire à sa vieille mère. Elle avait déjà perdu un mari, il ne désirait pas la faire souffrir plus en ne lui donnant pas signe de vie... Puis se retournant vers le correspondant de la gazette:

J'espère que vous ferez bon séjour parmi le Kazak Voisko...

Et il éclata de rire avant d'ajouter:

De toute façon, soit vous vous adaptez, soit vous y passez... en reprenant son rire de plus belle...

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Sanchov
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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyJeu 5 Jan - 20:16

Sanchov salue l'officier prussien ravi de rencontrer un homme honorablement rasé et poli.
Accompagné étroitement, Sanchov pénétre avec bagages et outils dans la fameuse RADA.
Ce qui le surpris avant tout dans cette barraque, ce fut l'odeur et le brouhaha indescriptible qui y régnait... Un mélange d'hommes et de femmes mêlés d'odeurs subtiles d'écurie, de lait rance, de bêlement et de volailles caquetantes.

Sanchov: "Euh, y a t'il un endroit où je puisse me rafraïchir et me reposer quelques heures, chers amis ?"

HRP/ A vous Kosaques ! A quoi ressemble votre Rada ? Vos coutumes et vos moeurs ? /HRP
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Pokotylo

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyVen 6 Jan - 13:19

Se frottant la barbe de 10 jours qui lui couvrait le bas du visage, Pokotylo se permit d'intervenir.
« Ma petite barbe, mon bon monsieur, serte à donner des sensations au petites dames qui nous entourent. Et elles n’en sont jamais plaintes. »

Puis, amenant le journaliste russe à s’asseoir, il entreprit de lui expliquer le B.A. BA du bivouac.
« Sache, mon gars, que l’endroit où tu te trouves, n’est pas le local de la Rada. Tu n’as jusqu’ici vu et senti que les impressions olfactives éthyliques de la taverne de Natalya.
Un conseil, avant tout, ne prononce jamais le nom de Natalya devant notre ancien Hetman Habramovitch, ou alors tu t’exposes à une crise de colère de derrière les fagots. »

Puis, poursuivant :
« Cette taverne, nous l’avons installée dans le seul bâtiment en pierre ou en bouse sêchée qu’on pouvait trouver dans la steppe chaque fois que nous montions nos tentes en suivant l’armée russe. Pardon … quand nous la précédons aussi.
Elle nous sert à entreposer toutes les victuailles et la vodkà que nous ramassons sur le champ de bataille.
Nous y accueillons éventuellement quelques femmes arrachées aux griffes de l’ennemi, et en général elles préfèrent le traitement de faveur que nous leur accordons en échange des leurs aux anciennes pratiques de l’occupant fransky ou des tyrans tsaristes. »

Le journaliste eut un air offusqué : « Ai-je bien compris, les tyrans tsaristes ? Pourtant vous combattez pour le tsar. »

« Tututut, mon petit bonhomme. » rétorqua Biroulya Madskyi, le second de Pokotylo qui venait de s’asseoir près de son supérieur en apportant un broc des 3 litres d’une boisson fortement fermentée.

« Suite aux combats menés il y a trois ans, quand nous étions les seuls à avoir défendu le palais du Tzar et ses quartiers, suite à la prise du premier fortin dans un duel musclé au côté de la Garde du Tzar, nous avons obtenu notre indépendance par rapport à l’Etat-Major.
Sache que nous montrons toujours une loyauté sans faille dans la cause commune qui est d’occire tous les franskys présents en terre slave, et que nous ne cesserons pas de pourchasser l’ennemi jusqu’à le raccompagner à Paris.
Mais nous ne nous soumettrons jamais à l’autorité des engalonnés russes. Notre espoir est qu’après avoir bien servi la cause russe, le Tzar nous rendra la pleine jouissance de nos terres ancestrales. Nous ne souhaitons plus dépendre d’un suzerain inique.»

Un peu refroidi, craignant un peu pour sa sécurité physique, le journaliste prenait toujours des notes. Il osa une question :« Et, heu, avec tout ça, je ne sais toujours pas ce qu’est la Rada … hum … si je puis me permettre … »

« Hahahhaaaa, mais il ne faut pas avoir peur, mon gars. Pour le moment, nous ne pendons que les franskys, et nous ne mordons que les cuisses de leurs femmes. Tu peux continuer à écrire sans craintes, puisque tu es protégé par l’invitation de notre Hetman. »
Pokotylo attrapa alors le broc laissé par Biroulya. Il le porta à ses lèvres, et but lentement le breuvage qu’il contenait. Il reposa le broc une fois que celui-ci fut vide. Une légère mousse s’était imprégnée dans sa moustache. Une haleine alcoolisée envahit l’espace de la table.

« Désolé, ça me donne soif de trop parler. » Il émit alors un rôt tonitruant.
« Suis-moi » ajouta-t-il sans autre forme de politesse.
Puis il se leva et sortit de la taverne enfumée de vapeurs d’alcool et de fumées de pipes.

Ils sortirent de la taverne et se dirigèrent vers un espace dégagé au centre du campement. Ils croisèrent divers groupes de cosaques et d’autres soldats d’aspect disparate.

« Les hommes que tu vois ici et là viennent de toutes les tribus cosaques, mais principalement des Zaporogues. Si tu veux en savoir plus, il faudra offrir à boire à Vitali.
Mais nous accueillons également dans nos rangs les soldats qui collent à l’esprit de notre Voïsko (régiment en mauvaise traduction). C’est pour cela que tu peux croiser des uniformes prussiens, autrichiens, et scandinaves.
De plus nous avons accueilli, il y a peu, les transfuges de la Milice d’Araktchéiev. Ils fuyaient les excès du commandement tyrannique et maladroit de certains officiers mal emmanchés. Comme ils combattaient à l’instinct, un peu comme nous, nous avons finis par unir nos destinées. Union éthylique et militaire, cela va sans dire. Pour les femmes ça reste chacun pour soi ! »

Des tentes étaient montées un peu partout, mais une attirait le regard par sa taille et par le groupe qui montait la garde à l’entrée.

« Tu voulais voir la Rada, petit père ? Voici l’endroit où elle se réunit.
La Rada, vois-tu, est la base de notre organisation. D’où le statut spécial de cette tente. »

Il s’adressa aux gardes : « Laissez-le passer, camarades, ce petite russe est recommandé par Vitali.

Le garde répondit : « Il a bu quoi Vitali, avant de sortir une ânerie pareille ? »

« Ne sais pas et ne veut pas le savoir. » Pokotylo écarta la toile d’entrée. Juste derrière celle-ci, un autre tissu, un tapis oriental, servait de deuxième passage.

Sanchov et Pokotylo entrèrent alors dans un vaste espace qui laissa pantois le journaliste.
Une table ronde et basse était placée au centre de la « pièce » ronde. Des divans et des coussins étaient entassé tout autour. Des tables basses en marqueterie étaient couvertes de théières richement ouvragées et de toutes factures, en porcelaine, en argent, en or. Des samovars et des narghilés étaient posés sur de petits guéridons byzantins. Une odeur à la fois douce et écœurante émanait de toute la pièce, mélange de parfums d’orient, de tabac, d’herbes, d’alcool, de thé noir. La table centrale était couverte de papiers. En s’approchant, Sanchov pouvait voir qu’il s’agissait d’ordres, de missives, de courriers, et d’un certain nombre de cartes détaillant les régions des combats des trois dernières années.
Le sol était aunt à lui couvert de toutes sortes de tapis orientaux aux motifs arabes, byzantins, mogols ou persans. Il y avait également des foulards en soie de Chine.
Derrière les coussins et sièges en tissus mordorés, des coffres de diverses taille étaient disposés près des accès aux pièces couloirs entourant la salle centrale. Certains coffres étaient ouverts et on pouvait y voir de l'argenterie, des objets d'art, des coupes, des tableux de maître, de colliers de perles et des sacs pleins de pièces de monnaies de toute origine.

Pokotylo interrompit Sanchov dans sa contemplation :
« Pas mal, hein ? »

Sanchov se retint d’exprimer son impression, hésitant entre le constat d’un grand désordre et d’un amas de richesses probablement fruit d’années de rapines.

« La Rada, soldat, est la réunion de tous les chefs de guerre cosaques. Nous nous réunissons régulièrement ici pour discuter de toutes les choses importantes. Tous les chefs de bataillons, comme vous les appelez dans votre jargon, sont ici des chefs de guerre respectés par tous en tant que pairs. Nous sommes tous égaux, et la voix de chacun a la même valeur. La voix de notre Hetman a la même valeur que celle de n’importe qui.
Nous prenons ici des décisions collégiales.
Quand l’état-major russe nous requiert pour une mission spéciale, nous en débattons ici. Quand l’un de nous a une idée de raid ou de razzia, c’est ici qu’il la propose à ses égaux. Quand nous devons décider d’un grand mouvement stratégique, c’est ici qu’il est élaboré.
Quand nous fêtons des retrouvailles ou des victoires, c’est ici que nous en exploitons les avantages.
Nous fonctionnons comme une véritable démocratie car toutes nos décisions sont votées à la majorité simple. Et chaque chef de guerre se fait un point d’honneur de suivre la décision de la Rada. »

S’interrompant dans sa prise de note, Sanchov fouilla dans sa poche à la recherche d’une nouveau crayon, tourna une page dans son carnet, et posa une question :
« Et l’Hetman, c’est quoi ? »

Toussant d’indignation, Pokotylo se retint et répondit : « C’est quoi ? C’est qui veux-tu dire ?
L’Hetman, sache-le bien, est le chef que la Rada se choisi par vote pour préciser aux destinées du Voïsko et faire appliquer ses décisions communes. Nous changeons régulièrement d’Hetman, toujours par vote, soit si la période de commandement écoulée a été très longue et que l’Hetman est fatigué (histoire qu’il puisse aller entreprendre l’élaboration d’un nouveau rejetons auprès de sa chère et tendre), soit quand on change de grande phase de combat, comme le changement d’un champ de bataille, ou le changement de position sur le front.
Mais il y a un grand désavantage à être Hetman…. »

« Lequel ? » s’étonna le scribouillard.

« C’est d’être sans cesse dérangé par les officiers des autres régiments et l’état-major qui voient en l’Hetman un chef de régiment à part entière et l’emmerdent à chaque prise de contact officielle. Ce que ça peut être barbant… »
Puis reprenant : « Enfin, l’avantage qui en découle, c’est que l’Hetman, en ayant ses entrées dans les salons du palais, nous donne l’occasion d’aller fouiller dans les couloirs pour y trouver riche nourriture et boissons fines. Nous en profitons également pour compter fleurette avec les suivantes de l’impératrice pendant que « ces messieurs » discutent au salon des grands élans stratégiques dont nous n’avons cure.

Sanchov interrogea Pokotylo, interloqué : « Et vous n’avez pas peur que l’Etat-Major ou le Tzar ne prennent ombrage de votre non obéissance aux ordres ou ne colliez pas aux décisions de l’état-major ? »

Riant aux éclats, Pokotylo répondit : « Hahahahhaaaa…. Vais en pisser de rire : NON ! nous n’avons pas peur car nous avons gagné le respect de toute cette fichue hiérarchie à coup d’exploits. Toutes nos actions ont chaque fois eu un impact positif pour les régiments russes proches de nos terrains d’action. Soit nous avons coordonnés nos attaques aux leurs. Soit nous avons fait des raids qui détournaient l’attention de 3 à 10 plus de franskys que les hommes que nous envoyons au combat, faisant des trous énormes dans les lignes de front fransky.
Nous avons également obtenu de ne pas dépendre de l’organisation de la dernière charte de l’état-major.
Et notre indépendance militaire est encore respectée à ce jour car nous nos objectifs ont toujours été dans le sens de la victoire commune.
Nous resterons toujours ce Voïsko indépendant cat l’état-major semble avoir bien compris que nos attaques indépendantes avaient toujours pour résultat de déstabiliser l’adversaire par leur imprévisibilité.
Le Tzar ne peut pas se passer de la surprise et de l’effroi que nous créons à chaque fois dans les rangs ennemis. »

Ils furent interrompus à ce moment par des rires au timbre féminins. Ces voix de femmes semblaient venir de l’arrière des toiles et tentures qui entouraient la pièce.
« C’est quoi ces voix ? » osa le petit russe rougissant.
« C’est nos tendres donzelles. Partout où ira la Rada, tu trouveras également les femmes qui sont tombées en admiration des chefs de guerre et ne peuvent se passer de leurs manières. Quelques-unes d’entre elles agrémentent les décisions de la Rada et nous aident à ne pas trop nous prendre la tête quand nos discussions sont trop sérieuses. Et puis, elles servent divinement bien la vodkà et le thé noir. »

Pokotylo s'interompit, la gorge sêche par la soif d'avoir tant parlé.

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sanchov

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptySam 21 Jan - 20:22

Citation :
VOYAGE en COSAKSTAN 2

"CHEZ NATALYA"

Dimitri Andrev, qu'Habramovitch avait sollicité pour s'occuper de la mule et de l'attirail du moscovite, est mécontent de son sort. Il s'adresse ainsi à voix basse, aux deux autres pauvres bougres...
" Vraiment , il n'est plus pareil depuis qu'il a perdu sa... enfin, vous voyez, quoi..."

Ramenant mule et baggages vers la taverne, Dimitri intrigué, se demande ce qu'ils peuvent bien contenir. Enfin, il s'assied sur un tronc espérant comme tout cosaque qu'il y ait ce soir encore, de la vodka , des femmes et de la bagarre!
S'approchant des comiques troupiers qui accompagnaient le "courageux" Sanchov, le djiguite Biroulia Madskyi les apostrophe en ces termes:
"Dis-moi, joli camarade slave en dentelles, je trouve que tu ne parles pas beaucoup. Aurais-tu mangé ta langue?"

Un filet de sueur rance coula dans le dos de Sanchov. Se retournant vers Sanchov, l'un de ses cosaques lui dit:
"Qu'est ce qu'on lui réserve ?"

Sous les invectives de plusieurs autres railleurs qui trainaient sur leurs passages, Sanchov, intrigué mais un tantinet apeuré par la situation, se laisse guider vers la taverne indigène appelée insipidement "Chez Natalya", par le vociférant Habramovitch et l'énorme Vitali.
Sortant de l'établissement, le prussien Friedrich Berner von Pommern - qui rejoignit jadis le "Kazak Voïsko" alors que Napoléon franchissait le Niémen - tombe nez à nez avec la mule menée par Andrev.

"Qu'est ce que c'est que ce foutoir? Depuis quand tu promènes les mules Dimitri? Tu n'as pas mieux à faire comme trousser une donzelle?"
"Non camarade, ordre du Chef de Guerre Habramovitch... Je dois mener la mule du scribouillard "Chez Natalya" répond Andrev.
"Mais tu es toi même Chef de Guerre, Dimitri, tu n'as pas à l'obéir...!
"Je sais, mais quand il est dans cet état là, je préfère ne pas rester dans les parages!"

Berner se tourne alors vers Sanchov l'air goguenard...

"Bienvenu au Kazak Voisko. Je me présente Colonel Friedrich Berner von Pommern."
"Mais... Vous êtes prussien?" lance Sanchov surpris et presque heureux de voir un officier "civilisé"
"Oui je suis prussien, et alors? Cela vous étonne de voir un officier prussien combattre avec les cosaques? Au moins eux savent se battre, pas comme certains officiers russes de ma connaissance davantage préoccupés par leurs entrées au palais du Tsar, que de l'avenir de la Russie et de toute l'Europe..." dit-il d'un ton cassant.

Sur ce, il entreprend de retourner vers sa tente. De la paperasse l'attend et il doit écrire à sa vieille mère. Elle a déjà perdu un mari, il ne désire pas la faire souffrir davanatge en ne lui donnant pas signe de vie... Puis se retournant vers le correspondant de la gazette:

"J'espère que vous ferez bon séjour au sein du le Kazak Voisko..."

Et il éclata de rire avant d'ajouter:

"De toute façon, soit vous vous adaptez, soit vous y passez..." en reprenant son rire de plus belle...

Sanchov salue l'officier prussien ravi de rencontrer un homme honorablement rasé et poli. Accompagné étroitement, Sanchov pénétre avec bagages et écritoire dans la fameuse RADA pense t'il...
Ce qui le surprit avant tout dans cette baraque, ce fut l'odeur et le brouhaha indescriptible qui y régne... Un mélange d'hommes et de femmes mêlés d'odeurs subtiles d'écurie, de lait rance, de bêlements, de transpiration et de volailles caquetantes.
Sanchov: "Euh, y a t'il un endroit où je puisse me rafraîchir et me reposer quelques heures, chers amis ?"

Se frottant la barbe qui lui mange le visage, Pokotylo se permet d'intervenir:
« HéHéHé... Ma petite barbe, mon bon monsieur, sert à donner des sensations aux petites dames qui nous entourent. Et elles ne s'en sont jamais plaintes... HéHéHé... Mais tu n'es pas venu jusqu'ici pour prendre un bain et te reposer, pas vrai!? »

Puis, invitant le journaliste russe à s’asseoir, il entreprend de lui expliquer le fonctionnement du bivouac cosaque:

« Sache, mon gars, que l’endroit où tu te trouves, n’est pas le local de la Rada. Tu n’as jusqu’ici vu et senti que les impressions olfactives éthyliques de la taverne de Natalya. Un conseil, avant tout, ne prononce jamais le nom de Natalya devant notre ancien Hetman Habramovitch, ou alors tu t’exposeras à une petite crise de colère de derrière les fagots, dont seul Habramovitch a le secret! Cette taverne, nous l’avons installée dans le seul bâtiment en pierre ou en bouse sêchée qu’on peut trouver dans la steppe chaque fois que nous montons nos tentes en suivant l’armée russe. Pardon … quand nous la précédons aussi. Elle nous sert à entreposer toutes les victuailles et la vodkà que nous ramassons sur le champ de bataille. Nous y accueillons éventuellement quelques femmes arrachées aux griffes de l’ennemi, et en général elles préfèrent le traitement de faveur que nous leur accordons en échange des leurs aux anciennes pratiques de l’occupant fransky ou des tyrans tsaristes. »

Le journaliste eut un air offusqué : « Ai-je bien compris, les tyrans tsaristes ? Pourtant vous combattez pour le tsar ? »

« Tututut, mon petit bonhomme. » rétorque Biroulya Madskyi, le second de Pokotylo qui venait de s’asseoir près de son supérieur en apportant un broc de 3 litres d’une boisson fortement fermentée.

« Suite aux combats menés il y a trois ans, quand nous étions les seuls à avoir défendu le palais du Tzar et ses quartiers, suite à la prise du premier fortin dans un duel musclé au côté de la Garde du Tzar, nous avons obtenu notre indépendance par rapport à l’Etat-Major.
Sache que nous montrons toujours une loyauté sans faille dans la cause commune qui est d’occire tous les franskys présents en terre slave, et que nous ne cesserons pas de pourchasser l’ennemi jusqu’à le raccompagner à Paris.
Mais nous ne nous soumettrons jamais à l’autorité des engalonnés russes. Notre espoir est qu’après avoir bien servi la cause russe, le Tzar nous rendra la pleine jouissance de nos terres ancestrales. Nous ne souhaitons plus dépendre d’un suzerain inique.»

Un peu refroidi, craignant un peu pour sa sécurité physique, le journaliste prenait toujours des notes. Il ose une question :« Et, heu, avec tout ça, je ne sais toujours pas ce qu’est la Rada … hum … si je puis me permettre … »

« Hahahhaaaa, mais il ne faut pas avoir peur, mon gars. Pour le moment, nous ne pendons que les franskys, et nous ne mordons que les cuisses de leurs femmes. Tu peux continuer à écrire sans craintes, puisque tu es protégé par l’invitation de notre Hetman. »

Pokotylo attrape alors le broc laissé par Biroulya. Il le porta à ses lèvres, et but lentement le breuvage qu’il contient. Il repose le broc une fois que celui-ci est vide et une légère mousse s’imprégne dans sa moustache. Une haleine alcoolisée envahit l’espace de la table.

« Désolé, ça me donne soif de trop parler. » Il émet alors un rôt tonitruant.
« Suis-moi » ajoute-t-il sans autre forme de politesse.

Citation :
VOYAGE en COSAKSTAN 3

DE LA RADA

Il se lève et sort de la Natalya enfumée de vapeurs d’alcool et de fumées de pipes. Sanchov et quelques sbires le suivent en se dirigeant vers un espace dégagé au centre du campement. Ils croisent divers groupes de cosaques et d’autres soldats d’aspect disparate.

« Les hommes que tu vois ici et là viennent de toutes les tribus cosaques, mais principalement des Zaporogues. Si tu veux en savoir plus, il faudra offrir à boire à Vitali.
Mais nous accueillons également dans nos rangs les soldats qui collent à l’esprit de notre Voïsko (régiment en mauvaise traduction). C’est pour cela que tu peux croiser des uniformes prussiens, autrichiens, et scandinaves.
De plus nous avons accueilli, il y a peu, les transfuges de la Milice d’Araktchéiev. Ils fuyaient les excès du commandement tyrannique et maladroit de certains officiers mal emmanchés. Comme ils combattaient à l’instinct, un peu comme nous, nous avons finis par unir nos destinées. Union éthylique et militaire, cela va sans dire. Pour les femmes ça reste chacun pour soi ! »

Des tentes sont montées un peu partout, mais une attire le regard par sa taille et par le groupe qui monte la garde à l’entrée.

« Tu voulais voir la Rada, petit père ? Voici l’endroit où elle se réunit.
La Rada, vois-tu, est la base de notre organisation. D’où le statut spécial de cette tente. »

Il s’adresse aux gardes : « Laissez-le passer, camarades, ce petite russe est recommandé par Vitali.

Le garde: « Il a bu quoi Vitali, avant de sortir une ânerie pareille ? »

« Ne sais pas et ne veut pas le savoir. » Pokotylo écarte la toile d’entrée. Juste derrière celle-ci, un autre tissu, un tapis oriental, servait de deuxième passage.

Sanchov et Pokotylo entrent alors dans un vaste espace qui laisse pantois le journaliste.
Une table ronde et basse est placée au centre de la « pièce » ovale. Des divans et des coussins sont entassés tout autour. Des tables basses en marqueterie sont couvertes de théières richement ouvragées et de toutes factures, en porcelaine, en argent, en or. Des samovars et des narghilés sur de petits guéridons byzantins. Une odeur à la fois douce et écœurante émane de toute la pièce, mélange de parfums d’orient, de tabac, d’herbes, d’alcool, de thé noir. La table centrale est couverte de papiers. En s’approchant, Sanchov peut voir qu’il s’agit d’ordres, de missives, de courriers, et d’un certain nombre de cartes détaillant les régions des combats des trois dernières années.
Le sol est lui couvert de toutes sortes de tapis orientaux aux motifs arabes, byzantins, mogols ou persans. Il y a également des foulards en soie de Chine.
Derrière les coussins et sièges en tissus mordorés, des coffres de diverses taille sont disposés près des accès aux pièces et couloirs entourant la salle centrale. Certains coffres sont ouverts et on peut y voir de l'argenterie, des objets d'art, des coupes, des tableux de maître, de colliers de perles et des sacs pleins de pièces de monnaies de toute origine.

Pokotylo interrompt Sanchov dans sa contemplation : « Pas mal, hein ? »

Sanchov se retient d’exprimer son impression, hésitant entre le constat d’un grand désordre et d’un amas de richesses probablement fruit d’années de rapines.

« La Rada, jeune homme, est la réunion de tous les chefs de guerre cosaques. Nous nous réunissons régulièrement ici pour discuter de toutes les choses importantes. Tous les chefs de bataillons, comme vous les appelez dans votre jargon, sont ici des chefs de guerre respectés par tous en tant que pairs. Nous sommes tous égaux, et la voix de chacun a la même valeur. La voix de notre Hetman a la même valeur que celle de n’importe qui.
Nous prenons ici des décisions collégiales.
Quand l’état-major russe nous requiert pour une mission spéciale, nous en débattons ici. Quand l’un de nous a une idée de raid ou de razzia, c’est ici qu’il la propose à ses égaux. Quand nous devons décider d’un grand mouvement stratégique, c’est ici qu’il est élaboré.
Quand nous fêtons des retrouvailles ou des victoires, c’est ici que nous en exploitons les avantages.
Nous fonctionnons comme une véritable démocratie car toutes nos décisions sont votées à la majorité simple. Et chaque chef de guerre se fait un point d’honneur de suivre la décision de la RADA. »

S’interrompant dans sa prise de note, Sanchov fouille dans sa poche à la recherche d’une nouveau crayon, tourne une page dans son carnet, et pose une question :
« Et l’Hetman, c’est quoi ? »

Toussant d’indignation, Pokotylo se retient et répond : « C’est quoi ?
L’Hetman, sache-le bien, est le chef que la Rada se choisi par vote pour préciser aux destinées du Voïsko et faire appliquer ses décisions communes. Nous changeons régulièrement d’Hetman, toujours par vote, soit si la période de commandement écoulée a été très longue et que l’Hetman est fatigué (histoire qu’il puisse aller entreprendre l’élaboration d’un nouveau rejetons auprès de sa chère et tendre), soit quand on change de grande phase de combat, comme le changement d’un champ de bataille, ou le changement de position sur le front.
Mais il y a un grand désavantage à être Hetman…. »

« Lequel ? » s’étonne le scribouillard.

« C’est d’être sans cesse dérangé par les officiers des autres régiments et l’état-major qui voient en l’Hetman un chef de régiment à part entière et l’emmerdent à chaque prise de contact officielle. Ce que ça peut être barbant… »

Puis reprenant : « Enfin, l’avantage qui en découle, c’est que l’Hetman, en ayant ses entrées dans les salons du palais, nous donne l’occasion d’aller fouiller dans les couloirs pour y trouver riche nourriture et boissons fines. Nous en profitons également pour compter fleurette avec les suivantes de l’impératrice pendant que « ces messieurs » discutent au salon des grands élans stratégiques dont nous n’avons cure.

Sanchov interloqué, interrogeant Pokotylo, :
« Et vous n’avez pas peur que l’Etat-Major ou le Tzar ne prennent ombrage de votre non obéissance aux ordres ou ne colliez pas aux décisions de l’état-major ? »

Riant aux éclats, Pokotylo répond: « Hahahahhaaaa…. Vais en pisser de rire : NON ! nous n’avons pas peur car nous avons gagné le respect de toute cette fichue hiérarchie à coup d’exploits. Toutes nos actions ont chaque fois eu un impact positif pour les régiments russes proches de nos terrains d’action. Soit nous avons coordonnés nos attaques aux leurs. Soit nous avons fait des raids qui détournaient l’attention de 3 à 10 plus de franskys que les hommes que nous envoyons au combat, faisant des trous énormes dans les lignes de front fransky.
Nous avons également obtenu de ne pas dépendre de l’organisation de la dernière charte de l’état-major.
Et notre indépendance militaire est encore respectée à ce jour car nous nos objectifs ont toujours été dans le sens de la victoire commune.
Nous resterons toujours ce Voïsko indépendant cat l’état-major semble avoir bien compris que nos attaques indépendantes avaient toujours pour résultat de déstabiliser l’adversaire par leur imprévisibilité.
Le Tzar ne peut pas se passer de la surprise et de l’effroi que nous créons à chaque fois dans les rangs ennemis. »

Soudainement, ils sont interrompus à ce moment par des rires aux timbrex féminins. Ces voix de femmes semblent venir de l’arrière des toiles et tentures qui entourent la pièce.

« C’est quoi ces voix ? » osa le petit russe rougissant.

« C’est nos tendres donzelles. Partout où ira la Rada, tu trouveras également les femmes qui sont tombées en admiration des chefs de guerre et ne peuvent se passer de leurs manières. Quelques-unes d’entre elles agrémentent les décisions de la Rada et nous aident à ne pas trop nous prendre la tête quand nos discussions sont trop sérieuses. Et puis, elles servent divinement bien la vodkà et le thé noir. »

Pokotylo s'interompt, la gorge sêche par la soif d'avoir tant parlé.

Sanchov en profita pour tailler son crayon.

"Merci Pokotylo pour ces précieux éclaircissements. J'avoue que la soif de vos paroles me tiraille aussi ! Mais comment faites-vous pour vous reproduire aussi vite ? Comment dans votre errance parvenez-vous à fonder famille, à élever vos enfants et à les mener vers vos fronts ? Et comment diable faites-vous la même chose avec l'élevage de vos cheveaux pour ne jamais en manquer ?"

hrp/ Voici les deux épisodes suivants soummis à votre correction via mp pour grosse bévue ou amélioration et la suite du programme de ma visite ci dessous.... Merci de votre collaboration avec la gazette indépendante de Russie. /hrp



Sanchov en profita pour tailler son crayon.

"Merci Pokotylo pour ces précieux éclaircissements. J'avoue que la soif de vos paroles me tiraille aussi ! Mais comment faites-vous pour vous reproduire aussi vite ? Comment dans votre errance parvenez-vous à fonder famille, à élever vos enfants et à les mener vers vos fronts ? Et comment diable faites-vous la même chose avec l'élevage de vos cheveaux pour ne jamais en manquer ?"


Dernière édition par sanchov le Dim 22 Jan - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyDim 22 Jan - 3:11

HRP/

Merci de ta patience Sanchov, on est un peu occupé au nord en ce moment, mais on ne perd pas de vue la Gazette...Smile
Poko s'en est très bien tiré, et ça me semble parfait! (Poko, si tu me lis...Wink)
J'y jetterai un oeil demain soir, ou en tout début de semaine. Juste 2 ou 3 fautes à corriger (je comprends Poko, que tu n'aies pas voulu te relire après ce pavé... Razz ), et tu pourras transmettre au Rédac' Chef pour le "Service des Corrections"...

Pour info, voici un site excellent richement documenté et étoffé, où trouver de la matière sur les cosaques. J'y ai déjà repéré des réponses à tes nouvelles questions, Sanchov.

http://www.cosaques.com/Index.html

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MessageSujet: Re: VOYAGE AU KOZAKSTAN   VOYAGE AU KOZAKSTAN EmptyJeu 26 Jan - 0:18

J'ai apporté 2 ou 3 modifications du genre tournures reformulées, une p'tite phrase rajoutée par-ci par-là, 2 ou 3 fautes corrigées... (et j'en ai p'têt rajouté, du coup^^). Pour moi c'est tout bon Sanchov... en espérant que ce ne soit pas déjà sous presse...
Encore bravo Poko, c'est vraiment du bon boulot que tu as fait. Tes descriptions sont très riches, on s'y croirait vraiment...

Wink (Je cherchais un smiley avec le pouce levé, mais il ne figure pas dans la liste^^)

Si tu veux bien, je me chargerai de la suite (ce week-end), j'ai ma p'tite idée la-dessus... et des sources intéressantes...Smile

Citation :
VOYAGE en COSAKSTAN 2

"CHEZ NATALYA"

Dimitri Andrev, qu'Habramovitch avait sollicité pour s'occuper de la mule et de l'attirail du moscovite, est mécontent de son sort. Il s'adresse ainsi à voix basse, aux deux autres pauvres bougres...
" Vraiment , il n'est plus pareil depuis qu'il a perdu sa... enfin, vous voyez, quoi..."

Ramenant mule et baggages vers la taverne, Dimitri intrigué, se demande ce qu'ils peuvent bien contenir. Enfin, il s'assied sur un tronc espérant comme tout cosaque qu'il y ait ce soir encore, de la vodka , des femmes et de la bagarre!
S'approchant des comiques troupiers qui accompagnaient le "courageux" Sanchov, le djiguite Biroulia Madskyi les apostrophe en ces termes:
"Dis-moi, joli camarade slave en dentelles, je trouve que tu ne parles pas beaucoup. Aurais-tu mangé ta langue?"

Un filet de sueur rance coula dans le dos de Sanchov. Se retournant vers Sanchov, l'un de ses cosaques lui dit:
"Qu'est ce qu'on lui réserve ?"

Sous les invectives de plusieurs autres railleurs qui trainaient sur leurs passages, Sanchov, intrigué mais un tantinet apeuré par la situation, se laisse guider vers la taverne indigène appelée insipidement "Chez Natalya", par le vociférant Habramovitch et l'énorme Vitali.
Sortant de l'établissement, le prussien Friedrich Berner von Pommern - qui rejoignit jadis le "Kazak Voïsko" alors que Napoléon franchissait le Niémen - tombe nez à nez avec la mule menée par Andrev.

"Qu'est ce que c'est que ce foutoir? Depuis quand tu promènes les mules Dimitri? Tu n'as pas mieux à faire comme trousser une donzelle?"
"Non camarade, ordre du Chef de Guerre Habramovitch... Je dois mener la mule du scribouillard "Chez Natalya" répond Andrev.
"Mais tu es toi même Chef de Guerre, Dimitri, tu n'as pas à l'obéir...!
"Je sais, mais quand il est dans cet état là, je préfère ne pas rester dans les parages!"

Berner se tourne alors vers Sanchov l'air goguenard...

"Bienvenu au Kazak Voisko. Je me présente Colonel Friedrich Berner von Pommern."
"Mais... Vous êtes prussien?" lance Sanchov surpris et presque heureux de voir un officier "civilisé"
"Oui je suis prussien, et alors? Cela vous étonne de voir un officier prussien combattre avec les cosaques? Au moins eux savent se battre, pas comme certains officiers russes de ma connaissance davantage préoccupés par leurs entrées au palais du Tsar, que de l'avenir de la Russie et de toute l'Europe..." dit-il d'un ton cassant.

Sur ce, il entreprend de retourner vers sa tente. De la paperasse l'attend et il doit écrire à sa vieille mère. Elle a déjà perdu un mari, il ne désire pas la faire souffrir davanatge en ne lui donnant pas signe de vie... Puis se retournant vers le correspondant de la gazette:

"J'espère que vous ferez bon séjour au sein du le Kazak Voisko..."

Et il éclata de rire avant d'ajouter:

"De toute façon, soit vous vous adaptez, soit vous y passez..." en reprenant son rire de plus belle...

Sanchov salue l'officier prussien ravi de rencontrer un homme honorablement rasé et poli. Accompagné étroitement, Sanchov pénétre avec bagages et écritoire dans la fameuse RADA pense t'il...
Ce qui le surprit avant tout dans cette baraque, ce fut l'odeur et le brouhaha indescriptible qui y régne... Un mélange d'hommes et de femmes mêlés d'odeurs subtiles d'écurie, de lait rance, de bêlements, de transpiration et de volailles caquetantes.
Sanchov: "Euh, y a t'il un endroit où je puisse me rafraîchir et me reposer quelques heures, chers amis ?"

Se frottant la barbe qui lui mange le visage, Pokotylo se permet d'intervenir:
« HéHéHé... Ma petite barbe, mon bon monsieur, sert à donner des sensations aux petites dames qui nous entourent. Et elles ne s'en sont jamais plaintes... HéHéHé... Mais tu n'es pas venu jusqu'ici pour prendre un bain et te reposer, pas vrai!? »

Puis, invitant le journaliste russe à s’asseoir, il entreprend de lui expliquer le fonctionnement du bivouac cosaque:

« Sache, mon gars, que l’endroit où tu te trouves, n’est pas le local de la Rada. Tu n’as jusqu’ici vu et senti que les impressions olfactives éthyliques de la taverne de Natalya. Un conseil, avant tout, ne prononce jamais le nom de Natalya devant notre ancien Hetman Habramovitch, ou alors tu t’exposeras à une petite crise de colère de derrière les fagots, dont seul Habramovitch a le secret! Cette taverne, nous l’avons installée dans le seul bâtiment de pierre et de bouse séchée qu’on peut trouver dans la steppe, comme à chaque fois que nous montons nos tentes en suivant l’armée russe. Pardon … quand nous la précédons surtout. Elle nous sert à entreposer toutes les victuailles et la vodka que nous ramassons sur le champ de bataille. Nous y accueillons éventuellement quelques femmes arrachées aux griffes de l’ennemi, et en général elles préfèrent le traitement de faveur que nous leur accordons en échange des leurs, sans doutepréférables aux anciennes pratiques de l’occupant fransky ou des tyrans tsaristes. »

Le journaliste eut un air offusqué : « Ai-je bien compris, les tyrans tsaristes ? Pourtant vous combattez pour le tsar ? »

« Tututut, mon petit bonhomme. » rétorque Biroulya Madskyi, le second de Pokotylo qui venait de s’asseoir près de son supérieur en apportant un broc de 3 litres d’une boisson fortement fermentée.

« Suite aux combats menés il y a trois ans, quand nous étions les seuls à avoir défendu le palais du Tzar et ses quartiers, suite à la prise du premier fortin dans un duel musclé au côté de la Garde du Tzar, nous avons obtenu notre indépendance vis à vis de l’Etat-Major.
Sache que nous montrons toujours une loyauté sans faille dans la cause commune qui est d’occire tous les franskys présents en terre slave, et que nous ne cesserons pas de pourchasser l’ennemi, jusqu’à le raccompagner à Paris si nécessaire.
Mais nous ne nous soumettrons jamais à l’autorité des engalonnés russes. Notre espoir est qu’après avoir bien servi la cause russe, le Tzar nous rendra la pleine jouissance de nos terres ancestrales. Nous ne souhaitons plus dépendre d’un suzerain inique.»

Un peu refroidi, craignant un peu pour sa sécurité physique, le journaliste prenait toujours des notes. Il ose une question :« Et, heu, avec tout ça, je ne sais toujours pas ce qu’est la Rada … hum … si je puis me permettre … »

« Hahahhaaaa, mais il ne faut pas avoir peur, mon gars. Pour le moment, nous ne pendons que les franskys, et nous ne mordons que les cuisses de leurs femmes. Tu peux continuer à écrire sans craintes, puisque tu es protégé par l’invitation de notre Hetman. »

Pokotylo attrape alors le broc laissé par Biroulya. Il le porta à ses lèvres, et but lentement le breuvage qu’il contient. Il repose le broc une fois que celui-ci est vide et une légère mousse s’imprégne dans sa barbe. Une haleine alcoolisée envahit l’espace de la table.

« Désolé, ça me donne soif de trop parler. » Il émet alors un rôt tonitruant.
« Suis-moi » ajoute-t-il sans autre forme de politesse.

Citation :
VOYAGE en COSAKSTAN 3

DE LA RADA

Il se lève et sort de la taverne noyée de vapeurs d’alcool et de fumées de pipes. Sanchov et quelques sbires le suivent en se dirigeant vers un espace dégagé au centre du campement. Ils croisent divers groupes de cosaques et d’autres soldats d’aspect disparate.

« Les hommes que tu vois ici et là viennent de toutes les tribus cosaques, mais principalement des Zaporogues. Si tu veux en savoir plus, il faudra offrir à boire à Vitali. Mais nous accueillons également dans nos rangs les soldats qui collent à l’esprit de notre Voïsko ("armée", en mauvaise traduction). C’est pour cela que tu peux croiser des uniformes prussiens, autrichiens, et scandinaves. De plus nous avons accueilli, il y a peu, les transfuges de la Milice d’Araktchéiev. Ils fuyaient les excès du commandement tyrannique et maladroit de certains officiers mal emmanchés. Comme ils combattaient à l’instinct, un peu comme nous, nous avons finis par unir nos destinées. Union éthylique et militaire, cela va sans dire. Pour les femmes ça reste chacun pour soi ! »

Des tentes sont montées un peu partout, mais une attire le regard par sa taille et par le groupe qui monte la garde à l’entrée.

« Tu voulais voir la Rada, petit père ? Voici l’endroit où elle se réunit.
La Rada, vois-tu, est la base de notre organisation. D’où le statut spécial de cette yourte. »

Il s’adresse aux gardes : « Laissez-le passer, camarades, ce petite russe est sous la protection de Vitali."

Le garde: « Il a bu quoi Vitali, avant de sortir une ânerie pareille ? »

« Ne sais pas et ne veux pas le savoir. » Pokotylo écarte la toile d’entrée. Juste derrière celle-ci, un autre tissu, un tapis oriental, servait de deuxième passage.

Sanchov et Pokotylo entrent alors dans un vaste espace qui laisse pantois le journaliste.
Une table ronde et basse est placée au centre de la « pièce » ovale. Des divans et des coussins sont entassés tout autour. Des tables basses en marqueterie sont couvertes de théières richement ouvragées et de toutes factures, en porcelaine, en argent, en or. Des samovars et des narghilés sur de petits guéridons byzantins. Une odeur à la fois douce et écœurante émane de toute la pièce, mélange de parfums d’orient, de tabac, d’herbes, d’alcool, de thé noir. La table centrale est couverte de papiers. En s’approchant, Sanchov peut voir qu’il s’agit d’ordres, de missives, de courriers, et d’un certain nombre de cartes détaillant les régions des combats des trois dernières années.
Le sol est lui couvert de toutes sortes de tapis orientaux aux motifs arabes, byzantins, mogols ou persans. Il y a également des foulards en soie de Chine.
Derrière les coussins et sièges en tissus mordorés, des coffres de diverses taille sont disposés près des accès aux pièces et couloirs entourant la salle centrale. Certains coffres sont ouverts et on peut y voir de l'argenterie, des objets d'art, des coupes, des tableaux de maître, de colliers de perles et des sacs pleins de pièces de monnaies de toute origine.

Pokotylo interrompt Sanchov dans sa contemplation : « Pas mal, hein ? »

Sanchov se retient d’exprimer son impression, hésitant entre le constat d’un grand désordre et d’un amas de richesses probablement fruit d’années de rapines.

« La Rada, jeune homme, est l'assemblée militaire de tous les Chefs de Guerre cosaques. Nous nous réunissons régulièrement ici pour discuter de toutes les choses importantes. Tous les chefs de bataillons, comme vous les appelez dans votre jargon, sont ici des chefs de tribu respectés par tous en tant que pairs. Nous sommes tous égaux, et la voix de chacun a la même valeur. La voix de notre Hetman a la même valeur que celle de n’importe qui. Nous prenons ici des décisions collégiales. Quand l’état-major russe nous requiert pour une mission spéciale, nous en débattons ici. Quand l’un de nous a une idée de raid ou de razzia, c’est ici qu’il la propose à ses égaux. Quand nous devons décider d’un grand mouvement stratégique, c’est ici qu’il est élaboré. Quand nous fêtons des retrouvailles ou des victoires, c’est ici que nous en exploitons les avantages. Nous fonctionnons comme une véritable démocratie car toutes nos décisions sont votées à la majorité simple. Et chaque chef de guerre se fait un point d’honneur de suivre la décision de la RADA. »

S’interrompant dans sa prise de note, Sanchov fouille dans sa poche à la recherche d’une nouveau crayon, tourne une page dans son carnet, et pose une question :
« Et l’Hetman, c’est quoi ? »

Toussant d’indignation, Pokotylo se retient et répond : « C’est quoi !!!??
L’Hetman, sache-le bien, est le chef que la Rada se choisit par vote, pour présider aux destinées du Voïsko et faire appliquer ses décisions communes. Nous changeons régulièrement d’Hetman, toujours par vote, soit si la période de commandement écoulée a été très longue et que l’Hetman est fatigué (histoire qu’il puisse aller entreprendre l’élaboration d’un nouveau rejetons auprès de sa chère et tendre), soit quand on change de grande phase de combat, comme le changement d’un champ de bataille, ou le changement de position sur le front.
Mais il y a un grand désavantage à être Hetman…. »

« Lequel ? » s’étonne le scribouillard.

« C’est d’être sans cesse dérangé par les officiers des autres régiments et l’état-major qui voient en l’Hetman un chef de régiment à part entière et l’emmerdent à chaque prise de contact officielle. Ce que ça peut être barbant… »

Puis reprenant : « Enfin, l’avantage qui en découle, c’est que l’Hetman, en ayant ses entrées dans les salons du palais, nous donne l’occasion d’aller fouiller dans les couloirs pour y trouver riche nourriture et boissons fines. Nous en profitons également pour compter fleurette avec les suivantes de l’impératrice pendant que « ces messieurs » discutent au salon des grands élans stratégiques dont nous n’avons cure.

Sanchov interloqué, interrogeant Pokotylo, :
« Et vous n’avez pas peur que l’Etat-Major ou le Tzar ne prennent ombrage de votre non obéissance aux ordres ou ne colliez pas aux décisions de l’état-major ? »

Riant aux éclats, Pokotylo répond: « Hahahahhaaaa…. Vais en pisser de rire : NON ! nous n’avons pas peur car nous avons gagné le respect de toute cette fichue hiérarchie à coup d’exploits. Toutes nos actions ont chaque fois eu un impact positif pour les régiments russes proches de nos terrains d’action. Soit nous avons coordonnés nos attaques aux leurs. Soit nous avons fait des raids qui détournaient l’attention de 3 à 10 fois plus de franskys que les hommes que nous envoyons au combat, faisant des trous énormes dans les lignes de front fransky. Nous avons également obtenu de ne pas dépendre de l’organisation de la dernière charte de l’état-major. Et notre indépendance militaire est encore respectée à ce jour car nos objectifs ont toujours été votés dans le sens de la victoire commune. Nous resterons toujours ce Voïsko indépendant, car le Haut Etat-Major semble avoir bien compris que nos attaques indépendantes avaient toujours pour résultat de déstabiliser l’adversaire par leur imprévisibilité. Le Tzar ne peut pas se passer de la surprise et de l’effroi que nous créons à chaque fois dans les rangs ennemis. »

Soudainement, ils sont interrompus à ce moment par des rires aux timbrex féminins. Ces voix de femmes semblent venir de l’arrière des toiles et tentures qui entourent la pièce.

« C’est quoi ces voix ? » osa le petit russe rougissant.

« Ce sont nos tendres donzelles. Partout où ira la Rada, tu trouveras également les femmes qui sont tombées en admiration devant les Chefs de Guerre et ne peuvent se passer de leurs manières. Quelques-unes d’entre elles agrémentent les décisions de la Rada et nous aident à ne pas trop nous prendre la tête quand nos discussions sont trop sérieuses. Et puis, elles servent divinement bien la vodkà et le thé noir. »

Pokotylo s'interompt, la gorge sêche par la soif d'avoir tant parlé.
Sanchov en profita pour tailler son crayon.

"Merci Pokotylo pour ces précieux éclaircissements. J'avoue que la soif de vos paroles me tiraille aussi ! Mais comment faites-vous pour vous reproduire aussi vite ? Comment dans votre errance parvenez-vous à fonder famille, à élever vos enfants et à les mener vers vos fronts ? Et comment diable faites-vous la même chose avec l'élevage de vos cheveaux pour ne jamais en manquer ?"

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